21.3.12

Le cinéma documentaire, un art poétique

Cycle de trois séances :
Séance I

Séance II

Séance III


Attentifs à l’invention de formes sensibles nouvelles, cette programmation met la forme au cœur du cycle.

Nous pensons avec Pasolini que le cinéma est «le langage de la réalité», il enregistre ce qui est ici et maintenant. Au contraire, la poésie travaille à nous faire entendre par le langage ce qui est au-delà des apparences, elle cherche à exprimer par les mots une «sur-réalité».
Comment alors lier la poésie au cinéma documentaire, lui qui semble voué prioritairement au banal, au trivial, quand la poésie s’attache au beau ?

De fait, cette impossibilité n’est qu’apparente. Pareil à la poésie, qui recompose et crée une langue nouvelle avec les mots du quotidien, le cinéma documentaire ré-invente avec les images même de la réalité.

Contrairement à la fiction qui doit, par le récit notamment, paraître crédible aux yeux du spectateur, le cinéma documentaire s’inscrit dans le vrai, et peut donc s’affranchir de certaines codifications traditionnelles pour créer «une réalité augmentée». Pareil au poète, qui réinvente une langue, le cinéaste se saisit de la matière visuelle et sonore pour recomposer le monde à partir des fragments de réel.

Dés lors la question de la forme devient déterminante… Les manières de subvertir la représentation du réel, que ce soit au niveau des plans, du montage, du rapport son/image sont infinies... et c’est cette diversité que la programmation 2012 s’attachera à rendre compte, fleurtant à la lisière de plusieurs genres cinématographiques : le documentaire, la fiction ou le cinéma expérimental.